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samedi 30 décembre 2006

Mort par Pendaison

Il paraît que ça fait bander, mais la mort par pendaison de Saddam Hussein montre à quel point certains sont éloignés des idéaux aux noms desquels ils prétendent se battre.

La mort de Saddam pose en effet de nombreux problèmes, et pas seulement à l'Irak.

Je rappellerai d'abord, ce que disait Robert Badinter en 1981 :

Vous savez en effet qu'aux yeux de certains et surtout des jeunes, l'exécution du terroriste le transcende, le dépouille de ce qu'a été la réalité criminelle de ses actions, en fait une sorte de héros qui aurait été jusqu'au bout de sa course, qui, s'étant engagé au service d'une cause, aussi odieuse soit-elle, l'aurait servie jusqu'à la mort. (...) utiliser contre les terroristes la peine de mort c'est, pour une démocratie, faire sienne les valeurs de ces derniers. Quand, après l'avoir arrêté, après lui avoir extorqué des correspondances terribles, les terroristes, au terme d'une parodie dégradante de justice, exécutent celui qu'ils ont enlevé, non seulement ils commettent un crime odieux, mais ils tendent à la démocratie le piège le plus insidieux, celui d'une violence meurtrière qui, en forçant cette démocratie à recourrir à la peine de mort, pourrait leur permettre de lui donner, par une sorte d'inversion des valeurs, le visage sanglant qui est le leur.

Ainsi, exécuter Saddam c'est fournir comme socle à une démocratie irakienne les valeurs de mépris de la vie humaine qu'il a mises en oeuvre durant sa vie.

Plus grave, exécuter saddam pour le seul meurtre d'environ 160 personnes, commis au nom d'une vengeance contre un attentat, c'est dénier à toutes les autres victimes le droit de voir leur cas examiné par la justice. Sans faire de hiérarchie dans les victimes, que sont 164 personnes confrontées au million de morts de la guerre iran-irak, ou aux 130 000 morts de la guerre civile ayant suivi la guerre du Koweït ? Ne pas avoir attendu que toutes les accusations portées contre lui soient jugées, c'est refuser la justice au peuple irakien. Et qu'est-ce qu'une démocratie sans justice ?

Non moins grave, l'implication évidente des états-unis dans le procès et l'exécution de saddam laissent la porte ouverte à tous les arguments pour maintenir et renforcer la guerre civile irakienne. En effet, les partisans de saddam, sunnites minoritaires, ont maintenant beau jeu d'appeler à la guerre à outrance contre ces occuppants qui ont détruit un régime où régnait la paix civile (au prix du sang) pour le remplacer par un chaos absolu où nul n'est plus en sécurité, même en traversant la rue.

Sans se laisser aller à échafauder une théorie du complot, on est en droit de se demander si cette éxécution rapide n'a pas eu lieu afin de forcer au silence quelqu'un qui en sait long sur certaines basses oeuvres de l'occident, entre autres pour lutter contre la théocratie iranienne (irangate, guerre iran-irak, etc.) mais aussi pour maintenir à tout prix l'ordre dans la région. Qui mieux que saddam savait qui a fourni les armes utilisées pendant la guerre, et en particulier les gaz qui lui ont permis de réprimer les kurdes en 1991 ? Qui mieux que lui savait quelles abjections ont été commises par l'occident durant l'embargo de 10 ans qui a détruit toute l'économie irakienne ?

En cassant ainsi les vertèbres d'un homme, le pouvoir américano-irakien fait tomber une chape de plomb sur l'Irak, et renforce encore les tendances auto-destructrices de la société irakienne. On n'est pas sorti...

PS : Quelques liens intéressants sur le sujet :

lundi 11 décembre 2006

Concert de Tool

J'ai eu la chance samedi dernier d'aller assister au concert de Tool donné à Nantes (l'une des trois dates en France !).

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