C'est comment qu'on freine ?

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vendredi 27 octobre 2006

L'homme qu'a vu l'homme qu'a vu l'homme qu'a vu l'ours (ou plutôt l'éléphant)

Dans la folie sondagière qui saisit l'ensemble des médias autour de l'élection présidentielle, il est très important de savoir conserver les pieds sur terre, ou plutôt dans la réalité politique. C'est pourquoi je propose, par analogie avec le point godwin ou le point Eolas, d'attribuer un prix à chaque fois qu'un institut de sondage publie un résultat totalement absurde sans s'inquiéter de son caractère totalement déconnecté du réel. Pour l'instant (et dans l'attente d'une meilleure proposition qui ne manquera pas de venir de mes lecteurs), je nomme ce prix Point Camus, en hommage au philosophe de l'absurde.

Le premier de ces prix vient d'être remporté haut la main par le CSA, relayé la bouche en coeur par les news de Yahoo!.

Le discours de l'AFP présenté en lien indique une série de chiffres, présentés en pourcentage et indiquant les taux de sympathie des trois candidats socialistes. Derrière une avalanche de chiffre, censés expliquer le sens du vent de l'opinion en matière de personnalité politique, on atteint le coeur du débat.

On apprends en effet que 34% des Français ont jugé SR plus convaincante que les autres, lors du deuxième débat interne(t) du PS. En fouillant bien, on constate que seules 909 personnes ont été consultées. C'est la le principe de la méthode des sondages, dont tous les médias nous disent qu'elle a un fond de vérité et ce, alors qu'ils se trompent allègrement depuis des années[1].

L'institut s'enfonce déjà lourdement dans la gabegie lorsqu'il commence à demander leur avis à ceux qui n'ont pas vu le débat mais en ont entendu parler. Ainsi, en ayant juste écouté la radio, regardé le JT et/ou lu la presse, on peut se permettre d'avoir un avis sur la prestation de candidats lors d'un débat. C'est déjà triste que certains [2] laissent une procuration aux médias pour se faire un avis.

Mais là où le texte touche au sublime, c'est lorsque le CSA demande leur avis sondés qui n'ont pas entendu parler du débat ! Et le pire c'est qu'il y en a qui répondent ! La moitié des personnes qui n'ont pas entendu parler du débat ont quand même un avis ! Ainsi, le CSA demande à ceux qui n'ont pas vu le débat, n'ont pas vu la presse, n'ont pas entendu parler de ce qui s'y est dit, quel a été le candidat le plus convaincant. C'est le plus sûr moyen de trouver un chiffre qui se rapproche absolument du produit du sens de vol des mouettes par l'âge du capitaine.

Le plus ahurissant, c'est que la proportion globale, qualifiée de ensemble des français[3] tient compte de ces réponses ! Ainsi, nous pouvons être absolument certains que le résultat fourni donne tout, sauf la réalité des opinions.

Résumons nous, le résultat final regroupe en effet :

  • Ceux qui ont vu le débat et ont un avis. C'est normal mais c'est logiquement la proportion la plus politisée de la population. Celle qui a donc déjà un a-priori ;
  • Ceux qui suivent l'avis de leur presse favorite. C'est la bulle médiatique dans toute sa splendeur : l'avis du commentateur qui a vu, lui.
  • Ceux qui n'ont rien vu, rien entendu mais ont tout de même un avis. C'est....

J'ai donc l'honneur de décerner très obséquieusement le premier prix camus au triptique CSA/AFP/Yahoo! pour leur capacité à tirer des enseignements d'un truc statistique totalement fumeux.

On se permettra tout de même une petite analyse des chiffres[4] Si l'on redistribue ces pourcentages en ne prenant en compte que les personnes ayant un avis, on peut constater différentes choses :

  • La bulle médiatique existe. En effet, les sondés n'ayant pas vu le débat [5] sont beaucoup plus favorables à Ségolène Royal que ceux qui ont assisté au débat ;
  • Ceux qui ont vu le débat, et les "en-dehors"[6] sont beaucoup plus favorables à Laurent Fabius que ceux qui en ont entendu parler. La bulle médiatique est donc clairement anti-fabius ;
  • Dominique Strauss-Kahn est l'homme qui monte. A la fois chez ceux qui l'ont vu, et chez ceux qui en ont entendu parler, il bénéficie d'un tiers d'opinion favorable. Les deux chiffres sont étonnamment proches, l'avis des commentateurs semble donc assez réaliste par rapport à ce candidat. Il a par contre un déficit notable chez les en-dehors.
  • Les indécis [7] sont tout de même très nombreux chez ceux qui en ont entendu parler, et chez les en-dehors. Comme quoi rien n'est joué !

Je vous laisse tirer vos propres conclusions !

Update : Dans la même veine, il faut lire l'article de Marianne sur les sondages d'OpinionWay....

Notes

[1] Dois-je vous rappeler les sondages du 20 avril 2002 ?

[2] remarquez en plus que leur proportion n'est pas citée...

[3] alors qu'elle ne concerne que 909 adultes choisis selon la méthode des quotas.

[4] Oui, j'aime ça et je craque...

[5] à la fois ceux qui en ont entendu parler et les en-dehors.

[6] Ceux qui ne l'ont ni vu ni n'en ont entendu parler

[7] Ne se prononcent pas.

jeudi 19 octobre 2006

Installation d'un serveur de courriels personnel (III)

Vous croyiez être prêts pour attaquer le vrai boulot ? Raté. Il reste encore un certain nombre de logiciels «support» à installer. Nous allons nous en occupper dans cette partie.

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mardi 17 octobre 2006

Installation d'un serveur de courriels personnel (II)

Deuxième partie de notre installation de serveur. Nous allons cette fois-ci nous intéresser au «fignolage» du système, c'est à dire l'installation des différentes petits outils qui vont nous façiliter le travail plus tard.

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lundi 16 octobre 2006

Choisir un bon mot de passe

En annexe à mon fil de billets sur l'installation d'un serveur de courriel personnel, un petit article sur comment choisir un bon mot de passe.

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Installation d'un serveur de courriels personnel (I)

Je commence ici une série de billets (ou documentations) sur l'installation que je viens de terminer d'un serveur destiné à assurer la gestion des courriels familiaux, ainsi que diverses informations intéressantes.

Cette doc, dans son ensemble, s'adresse à des utilisateurs «medium» de linux, et en particulier de la distribution Debian. Ceci veut dire que vous savez comment paramétrer un réseau, comment définir un nom d'hôte à une machine, ce que c'est qu'un réseau IP, et comment fonctionne globalement les démons sous unix. Vous savez aussi comment fonctionne une installation de logiciel sous Debian (debconf) et saurez répondre aux différentes questions qui vous seront posées. Cette doc est là pour vous indiquer un chemin à suivre, pas forcément pour vous guider pas à pas dans les moindres détails. La plupart des manipulations faites dans ces docs sont à réaliser avec l'utilisateur root, et sont donc à faire avec précaution !

Cette première partie s'intéressera au contexte et à l'installation de base.

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lundi 9 octobre 2006

Les bordelais sont des veaux

... pour reprendre cette fameuse expression du grand dadais de la droite française.

La victoire de la liste d'Alain Juppé[1] montre à quel point les citoyens ont totalement abandonné les maigres parcelles de pouvoir qu'ils avaient péniblement conquises autrefois.

Voilà un homme qui a très officiellement piqué dans la caisse en faisant payer par une mairie des salariés de son parti. Il a très clairement volé l'argent public pour favoriser son camp politique, et a été condamné pour cela. De plus, une fois sa "traversée du désert blanc" achevée, il fait organiser une élection partielle à Bordeaux à peine un an[2] avant les municipales générales en france.

Et pourtant, et quand bien même ce sont les impôts des parisiens et non ceux des bordelais qui furent pillés, ces derniers le réélisent triomphalement au premier tour, sans crier gare. Des veaux je vous dis, qu'on mène tranquillement à l'abattoir.

Il est certainement temps que les électeurs se rappellent qu'au final, dans notre système actuel, ne pas aller voter revient à voter pour son adversaire. Si voter est tout de même un chèque en blanc, ne pas voter c'est ouvrir la porte de son coffre fort et dire "servez-vous". La preuve...

Comment voulez-vous de plus, si aucune sanction démocratique n'est appliquée par les électeurs, que les hommes politiques n'aient pas la tentation de la corruption, ou du clientélisme ? De toute façon ils seront réélus...

Il ne manque plus que la réélection d'Alain Carignon pour que l'exemple soit parfait !

PS : On pourra tout de même rire du manque total d'inspiration du journaliste d'RTL quand il s'agit de légender une photo.

PS2 : heureusement, quelques nouvelles pas trop mauvaises nous viennent de nos voisins belges.

Notes

[1] L'intéressé n'est pas encore maire.

[2] peut-être deux.

mercredi 4 octobre 2006

La liberté d'expression ne s'use que quand on ne s'en sert pas...

Et des fois quand on s'en sert.

Un inspecteur du travail enluminait le web en chroniquant régulièrement les constats qu'il faisait en entreprise. Soumis au devoir de réserve, il était très attentif à ne citer aucun nom, aucun lieu, aucune date.

Ses chroniques, attentives et respectueuses à la fois des travailleurs et des entreprises, donnaient un aperçu sensible de la situation rencontrée dans le monde du travail.

Il faut croire que la vérité effraye les gouvernants, puisqu'il vient de fermer son blog sur l'ordre expresse du ministère. Le tout est à lire sur le monolecte et sur l'ashram.

Une ignominie de plus dans un monde de brutes.

Update: L'affaire commence à faire (un peu) de bruit. Eolas confirme mais nous rassure sur le sort de l'auteur. Ouf !. Par ailleurs, Swâmi lance une opération de sauvegarde des billets de Bereno, reprise par Rezo. Faites du bruit autour de cette affaire !

Update2: Bereno demande maintenant à tous ceux qui l'ont soutenu de cesser leurs actions autour de son blog. C'est son choix, d'homme libre, fait à froid. Vous trouverez des explications et des mises à jour chez Eolas et sur le monolecte. Reste à souhaiter à Bereno qu'il continue à agir aussi honnêtement qu'il le décrivait dans son blog. respect !.

lundi 2 octobre 2006

Ségolène : la faute

La candidate à la candidature socialiste a construit depuis un an une véritable aura de présidente potentielle. En développant son projet autour de notions telles que l'ordre juste ou la démocratie participative, elle est parvenue à devenir rapidement une personnalité incontournable de la pré-campagne électorale.

De nombreux commentateurs se sont gaussés, à ses débuts, de l'apparente vacuité de son projet. Elle prétend cependant être en train de le construire, autour du projet socialiste [1] sur son forum interactif nommé désir d'avenir. Par petites touches, elle dessine cependant une ébauche de programme, sur un certain nombre de sujets oubliés des grand'messes médiatiques, et sur lesquels elle se positionne avant tout sur le plan des valeurs.

Ce dernier point est d'ailleurs à son avantage, les valeurs étant à mon sens l'élément qui dessinera, ou non, la victoire en 2007.

Mais c'est sur ce point qu'elle vient de commettre non seulement une erreur, mais une faute importante dans la construction de son image, d'une part, et de son programme d'autre part.

En se désistant au dernier moment de l'université d'automne de Sauvons la recherche, elle nie à la fois l'importance de la question de la recherche, mais elle agit aussi très exactement à l'encontre de son discours sur les citoyens experts et la démocratie participative.

Elle disposait pourtant là d'une tribune parfaite pour mettre en avant ces deux thèmes majeurs de sa campagne. Ce désistement, quel qu'en soit la raison, laisse entendre en creux qu'elle est plus dans le discours que dans l'action.

Dommage....

Notes

[1] sans préciser si elle le reprends intégralement ou si elle l'utilise comme un catalogue dans lequel elle pourrait sélectionner certaines mesures et non d'autres...