Dominique Galouzeau de Villepin vient enfin d'annoncer (enfin, de faire savoir) qu'il allait dès demain reçevoir les 5 principales organisations syndicales pour une réunion de travail « sans a priori » sur le thème de l'emploi des jeunes.

Le courrier envoyé au syndicats, suite à l'annonce faite à l'assemblée, comporte plusieurs éléments troublants, voire carrément gênants compte tenu de sa position.

On sait qu'il est contraint à cette discussion par la montée de la contestation, qui commence à prendre des proportions inquiétantes en particulier du point de vue de l'ordre public. Plusieurs s'étonnent déjà qu'il ait attendu si tard pour engager une discussion dont les prémices auraient dûs être engagés bien plus tôt.

La première remarque à faire sur cette discussion, est la contradiction forte entre ce que le premier ministre rédigeait il y a quelques années, et la procédure utilisée pour mettre en place le si décrié CPE. Comme le rappelle Brave Patrie (dans son ton habituel) :

Un amendement proposé un vendredi soir à 17 h 45 par un gouvernement tentant en catastrophe de rattraper quatre années de débâcle marquées notamment par une raclée référendaire et une éradication des ses présidents de conseils généraux et régionaux ou du moins ceux ayant survécu à la canicule, n’ayant pas recueilli l’avis préalable du Conseil d’Etat ni fait l’objet d’aucune concertation avec les partenaires sociaux et voté en employant l’article 49-3 par un parlement à la botte élu dans la foulée d’un président désigné par le peuple sur un malentendu avec un score plus suspect encore que celui de son homologue bielorusse.

Ainsi, le premier serviteur de la nation a oublié les conseils qu'il donnait dans un livre sur la nécessité de la concertation préalable. C'est la preuve s'il en fallait d'une incapacité à écouter les français, et de la difficulté qu'il a a faire jouer la parole pour expliquer son point de vue. De plus l'arrogance avec laquelle il a traité les premières contestations ne fait forcément que renforcer la détermination des grévistes.

Mais le point le plus choquant de la lettre aux syndicats n'est pas là. On y constate que :

«Une démarche équivalente est entreprise vis à vis des organisations étudiantes et lycéennes, simultanément et dans le même esprit, par le ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Monsieur Gilles de Robien (...)»

Ainsi, dans la vision qu'à le premier ministre de la discussion avec les partenaires sociaux, le fer de lance de la discussion n'est bon qu'à être relégué à une négociation avec l'un de ses subordonnés, alors que lui-même se réserve la part noble du plat, les syndicats « reconnus ».

Ainsi, la notion de partenaire, selon M. de Villepin, se réduit-elle aux membres du cénacle avec lequel il est habitué à la discussion. Pour un esprit « de responsabilité, et d'ouverture par rapport à vos préoccupations » c'est une démarche à la fois cavalière et qui fait bien peu de cas de la véritable force d'opposition au projet qu'il a fait voter.

Il serait bon qu'il médite cette citation de Lénine : L'université est la plaque sensible d'une société.