Je ne crois pas que la flambée de violence actuelle soit le résultat d'un conflit de civilisation comme le prétend Patrick Adam dans cet article.
Les islamistes, depuis leurs débuts égyptiens, ont toujours construit leur discours sur une réflexion POLITIQUE dans une analyse POLITIQUE du monde. Les turbannards («prêcheurs ignares mais au verbe haut et à la barbe réglementaire») n'ont rien a voir avec l'Islam. Ils ont à voir avec une construction d'opinion, fondée sur une stratégie politique dans une analyse du monde qui elle, oppose les musulmans à l'occident.
Il faut être bête, élémentaire, fondamental. Parler de tolérance avec des gens qui ne rêvent que de lui tordre le cou, c'est montrer au monde que l'on est capable de se mettre aux niveaux des turbans, et de répondre politiquement à leur analyse politique pour leur montrer qu'ils ont tort.
Il est (trop) facile de se draper derrière les réussites de la culture dominante pour rejeter à la face de l'autre sa méconnaissance de sa culture. Certes Montaigne, certes Hugo, Voltaire et les Autres, mais Avicenne, mais Ahmed Baba, mais Amin Maalouf ? A l'époque où Copernic découvrait l'héliocentrisme, n'a-t-on pas brûlé Giordano Bruno ?
Dans la civilisation Islamique, pourtant, telle que la conçoit le coran, chacun est libre d'interpréter la parole de dieu, d'où des querelles parfois sybillines entre théologiens. Mais chaque musulman est libre de sa relation avec dieu.
Ce qui va mal n'est pas tant l'Islam que la vision réductrice d'une umma contrainte à lier le politique au religieux. C'est l'absence de laïcité dans l'Islam qui envenime la confusion dont est victime l'auteur.
Ce qui va mal c'est l'instrumentalisation par des pouvoirs en place d'une affaire mineure, afin de détourner leurs populations de leur propre tyrannie (qu'elle soit religieuse -iran- ou familiale -syrie-).
Ce ne sont jamais les frontières qu'il faut marquer. Les murs ont déjà trop marqué dans l'histoire leur incapacité à séparer les hommes. Ce sont les valeurs. laïcité, liberté, égalité et surtout fraternité doivent impérativement guider l'action des individus, si nous ne voulons pas tomber dans les mêmes travers que ceux que cet article semble dénoncer.
L'amalgame (trop facile) entre Islam et Islamisme fait de ce texte un ferment de la barbarie qui ne manquera pas de noyer l'occident si l'on ne prends pas garde à bien fixer la séparation entre les deux.
Traiter simultanément les grecs de « pères de la sagesse » et les autres de « civilisations moins avisées » a des relents de haine qui sont incompatibles avec les valeurs que semble vouloir mettre en avant l'article. Le premier pas vers l'autre consiste a lui reconnaître la même valeur qu'a soi, quel que soit le fossé qui sépare. C'est précisément là, ce qui fait la différence entre un humanisme (qui n'est pas forcément occidental) et la barbarie.
De même qu'on est toujours le con d'un autre, on est toujours le barbare d'un autre.