C'est comment qu'on freine ?

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mercredi 30 novembre 2005

Yahoo! Actualités - L'hypertexte au service d'un amalgame.

Une récente news Yahoo! m'a fait réaliser à quel point Les Mots sont Importants. Il s'avère que ce groupe de presse utilise les news AFP à son profit, pour pérenniser un amalgame dangereux entre deux termes extrêmement forts.

Un amalgame dangereux

En effet, et comme vous pouvez le constater sur la copie d'écran, tous les liens situant l'article sur le thème du racisme pointent en fait vers la rubrique antisémitisme. Pire, au delà des liens, les mots-clés proposés insistent sur la shoah l'antisémitisme et le révisionnisme.Ainsi, selon Yahoo!, la seule forme acceptable du racisme, c'est l'antisémitisme.

Au delà de ce fait, vous remarquerez aussi que les seuls liens disponibles dans le texte pointent non-pas vers le site d'SOS-Racisme (http://www.sos-racisme.org/) ou à la rigueur celui d'SOS-Racisme indépendant (http://www.sosracismeindependant.org/) mais vers la classification "racisme" qui est en fait celle de l'antisémitisme.

En bon français (la langue), le mot racisme renvoie à l'attitude d'hostilité de principe envers une catégorie de personnes[1]. Il est donc un mot-cadre, global, qui recouvre toutes les formes de rejet et surtout toutes les variations des groupes humains. Qu'il s'agisse de race, d'ethnies, de préférence sexuelle ou de religion, toutes les attitudes de rejet sont couvertes par le mot racisme. Ainsi, le mot antisémitisme, soit hostilité manifestée à la race juive et érigée parfois en doctrine ou en mouvement réclamant contre les juifs des mesures d'exception [2] n'est bien qu'une forme, qu'une partie de l'ensemble raciste.

L'amalgame entre les deux mots, surtout à la manière dont il est présenté dans la news Yahoo!, laisse croire que la seule forme de racisme acceptable, c'est l'antisémitisme. Le racisme anti-nègres, le racisme anti-manouches, le racisme anti-flics, le racisme anti-arabes, le racisme anti-pédés, le racisme anti-blancs, etc, etc... ne sont eux que des manifestations d'hostilité, des discriminations mais ne méritent pas d'être érigées au rang suprême de racisme.

Je suis pour ma part anti-raciste, et cela me suffit largement pour combattre toutes les formes d'hostilité de principe et de dogmatismes. Avec de telles formes de dérapages médiatiques, comment peut-on encore s'étonner des réactions extrêmes et de l'énorme sentiment d'injustice ressenti par certains groupes ?


PS : Je suis évidemment d'accord avec les déclarations de ces (nombreuses) associations sur la dérive extrême du gouvernement, et sur le fait que la véritable urgence n'est pas sécuritaire mais sociale !

Notes

[1] Source

[2] même source

mardi 15 novembre 2005

L'information boucle sur elle-même...

On sait déjà que le système des agences de presse est réducteur en matière d'informations diffusées. Mais la rotation perpétuelle des informations atteint ces temps-ci des sommets.

Vous vous rappelez tous, certainement, qu'il y a bientôt 11 mois des touristes blancs ont été effrayés [1] par un raz de marée[2] sans précédent depuis longtemps.

La vague d'émotion qui a alors submergé la planète a été elle aussi sans précédent : images en boucle durant au moins un mois, ministres en déplacement, reportages que sont-ils devenus 6 mois plus tard, etc...

Cette vague d'émotions a permis aux ONG de recruter des quantités impressionnantes d'aides, au point qu'elles ne savaient plus qu'en faire.

Cette vague, abondamment reprise dans les médias n'a pas fini de toucher la sphère des agences de presse. Ainsi, une dépêche AFP reprise par Le Monde.fr nous apprends le nouveau drame de la mer du jour : Une vague de Tsunami de 30 cm atteint le Japon après un séisme ! L'article note même qu'il n'a pas été fait état de dégâts importants dans l'immédiat....

Faut-il rappeler que, si la présence de caméras touristiques a permis de réaliser, un peu, l'ampleur du phénomène indonésien, une vague de 30 cm de haut se rencontre couramment sur les côtes de france ? que des creux (oh mon dieu) d'au moins 2 mètres sont observés tous les hivers aux héaux de bréhat ?

Faut-il rappeler que l'absence des caméras de touristes au cachemire ou au sahel provoque là bas des souffrances immenses que nous n'avons pas voulu voir ? ou au moins pas assez voulu voir ?

Notes

[1] et certains tués, il faut tout de même le dire.

[2] Je préfère le mot français au japonais Tsunami...

jeudi 3 novembre 2005

Situation de crise

Dans l'interview qu'il a donnée ce matin de François Bayrou lors de son émission quotidienne, Stéphane Paoli a dit quelque chose qui m'a surpris.

Dans un débat sur les incidents des banlieues parisiennes, Bayrou déclarait que l'état a disparu de ces zones et que, la surenchère verbale étant comparée à l'absence d'évolution de la situation de ces quartiers, elle était contre-productive et faisait en sorte que les habitants des quartiers ne croient plus en l'Etat.[1]

Paoli lui a répondu n'y a-t-il pas un risque, alors, que l'on observe une progression des extrêmes, de droite comme de gauche ?

C'est cette dernière phrase qui m'a surprise. Je sais bien qu'il interviewait le président d'un parti centriste, mais, à trop refuser les extrêmes, n'y a-t-il pas un risque à refuser aussi toute alternative et à se scléroser dans une vision réduite de ce qu'il est possible de faire en politique ? Dans un état où l'échiquier politique va de la droite au centre-droit, comme les Etats-Unis, refuser les extrêmes ne revient-il pas à refuser toute vision sociale ?

Je suis pour ma part convaincu, comme le présentait assez bien B. Guetta dans sa chronique, que les règles de la politique doivent simplement se définir à l'aune de certains critères simples. Dans ce cas (à quel moment refuse-t-on de cautionner un parti), j'en reste pour ma part au critère de Bakounine : La liberté sans le socialisme c'est le privilège et l'injustice et le socialisme sans la liberté c'est l'esclavage et la brutalité.

Ce sont les seules limites qui méritent d'être fixées à l'échiquier politique. En d'autres termes, elles se résument à la devise républicaine Liberté, Egalité, Fraternité.

Ainsi, un parti qui prône l'absence de solidarité et/ou l'absence de liberté est à qualifier d'extrême au sens où l'entend Paoli. C'est le cas du FN, des ultras-libéraux, mais pas forcément des trotskystes. Les extrêmes ne sont pas forcément là où on veut les voir...

Notes

[1] Je résume, c'est sa pensée.

mardi 1 novembre 2005

De la notion de débat...

Dans l'affaire de clichy sous bois, on trouve quelques faits révélateurs de la notion de débat au sein du parti majoritaire. En effet, on apprends dans un article du Monde que de très nombreux partisants du président actuel de l'UMP ont critiqué de manière très vive le ministre qui s'est permis de commenter l'action de leur poulain.

Pourtant, il y a une semaine ou deux, ce même président du parti majoritaire avait déclaré que, contrairement à l'opposition, dans son parti le débat était ouvert sans que cela crée la division. Mais allons plus loin, si l'on comprends bien la vision du débat de M. Sarkosy, la critique du gouvernement est possible (puisqu'il faut créer la rupture) mais à la seule condition que ce soit lui qui la fasse. La moindre critique « autre », même si elle vient d'un autre ministre, est (je cite) « un manquement grave à la solidarité gouvernementale » comme le dit Alain Marleix, le secrétaire national UMP aux élections, et « nécessite un rappel à l'ordre » selon Yves Jego.

On constate donc qu'au sein de l'UMP, parti qui vante les qualités de son débat dans un spam envoyé à 30 000 internautes le débat existe... à condition que sarkosy ne voie qu'une tête !